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Fédération Nationale des Taxis Indépendants
JC FRANCON Président FNTI


Objet : Numerus clausus

Lyon, le 1er décembre 2004

Monsieur le Ministre,

Un rapport établit par Pierre Cahuc et Francis Kramarz remis ces jours derniers à Monsieur Sarkozy - alors en poste au Ministère des Finances - préconise de libéraliser les professions réglementées.

J'espère que ces individus qui ont des postes privilégiés de part leur savoir n'ont pas été financés par l'argent des contribuables! Venons-en au fait : la réalité de la profession Taxi est liée beaucoup plus a certaines entreprises qui pressurent les conducteurs de taxis par des montants de location exorbitants !

Quant aux artisans dont je fais parti, en rentrant dans cette profession en 1967, elle comptait 20000 taxis. Ce nombre n'a que très peu augmenté jusque dans les années 1980. En effet en 1978, Madame Weill, alors Ministre de la Santé, a modifié les règles et modernisé les entreprises d'ambulances privées. De ce fait, les chefs d'entreprises devant effectuer des investissements importants ont obtenu en compensation de mettre en circulation des véhicules baptisés VSL pour le transport de malades assis.

A cette date, les taxis ont perdu une grande part de cette clientèle au profit des entreprises sanitaires privées dont le parc est monté à plus de 20 000 véhicules. Ce nombre de taxi + VSL a produit un doublement du nombre de véhicule de transport augmenté lui-même par les "petites remises" distribuées à "tours de bras" par des élus ou des fonctionnaires dont le salaire ne supporte pas la concurrence.

Quelle est la situation aujourd'hui ? Notre pays compte environ 45000 Taxis dont 15200 sur Paris, auquel il faut ajouter environ 15000 VSL, 10000 voitures de petites remises + des voitures de grandes remises ainsi qu'un nombre indéterminé d'association disposant de subvention publique et mettant à la disposition de certaine catégorie de personne des véhicules de transport. Le nombre de véhicule aujourd'hui mis à la disposition de tout public se situe à plus de 90000 voitures, cela sans compter l'explosion des véhicules de location qui par l'absence de personnel (donc absence de charges sociales) louent à des prix imbattables.

Existe-t-il un numerus clausus dans la profession du taxi ? La réponse est non !
En effet, les maires ou le préfet de Police de Paris ont toute liberté pour augmenter le nombre de taxi en passant outre les avis de la profession.

En zones rurales, là où un véritable taxi de proximité s'est installé avec des heures de travail à rallonge et des charges globales représentant 60 à 65 % du chiffre d'affaire ; le pourcentage d'augmentation du nombre d'autorisation est identique.

Si dans les grandes villes, les taxis se font rare aux heures de pointe, que font-ils durant les autres heures ? Les taxis dans les grandes agglomérations sont en surnombre et ont surtout des difficultés de circulation, une même course peut durer trois fois plus à certaines heures. Un seul client servi au lieu de deux ou trois draine un transport trop cher dont la clientèle se détourne.

Depuis la nouvelle loi de 1995, nous pouvons comptabiliser le nombre de personne qui s'exerce dans notre profession et nous les voyons aussi disparaître très vite car aujourd'hui encore, que nous soyons artisan, locataire ou salarié, pour gagner notre vie, il nous faut être présent au minimum 60 heures par semaine ce qui nous vaut après de très nombreuses années d'activités le risque de finir à l'hôpital au service cardiologie ou pire encore en psychiatrie pour dépression !

De nombreux pays européens se sont déjà risqués à déréglementer et tous ont dû faire marche arrière. Il est malhonnête de faire une comparaison du nombre de taxi à Paris de 1925 à ce jour. En effet, existait-il autant de voitures particulières à cette époque ? Le nombre n'a-t-il pas été diminué parce que les propriétaires de taxis ne pouvaient plus en vivre ? Les transports en commun n'étaient pas autant développés qu'aujourd'hui et je me souviens d'avoir entendu les anciens dirent qu'ils mangeaient et dormaient dans leurs véhicules à cette période pour amener trois sous à la maison !

Avant de penser à mettre à mal les entreprises privées livrées à la concurrence, il serait peut-être bon de penser à celles qui sont protégées par une absence de concurrence telle la poste ou la SNCF où les clients piétines pendant plus de trente minutes avant d'être servi.

Pour conclure, sachez que chaque année plus de 5 000 personnes se présente au permis taxis sur la ville de Paris, environ 300 sur Lyon et sûrement autant sur Marseille mais qu'à peine 20 % des reçus restent dans notre profession, 10 % se mettent à leurs comptes et de nombreuses places restent libres en permanence dans les entreprises. .

Le Président,
Jean-claude FRANCON


Membre de la Confédération Européenne des Taxis - Membre de la Confédération Nationale des Entreprises (CNE).
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